Fin de l’expérience… à suivre?

Vendredi 19 octobre 2018 : Après une journée entière à l’extérieur, je vais comme à chaque jour regarder ma ruche, et chasser les frelons à coup d’épuisette. Je suis glacé par la vision d’un frelon sortant de la ruche, puis d’un deuxième, qui le suit de près. Aucune abeille visible sur la planche d’envol, ni par la vitre latérale. Je décide d’ouvrir le toit pour regarder à l’intérieur. Je me dis qu’il doit y avoir de la bagarre là-dedans, qu’ils ont décidé d’attaquer à plusieurs, qu’il faut faire vite. J’enfile la combi (qui ne vaut rien contre les frelons), les gants, j’allume l’enfumoir, j’empoigne le soulève-cadre…

Mais tout l’attirail règlementaire censé me redonner courage ne ressemble qu’à une mascarade face à la réalité constatée à l’ouverture : plus une seule abeille à l’intérieur de ma ruche. Rien, nada, nothing, zéro. Les abeilles sont parties. Déjà, partir, c’est mourir un peu, mais là, partir en cette période, c’est mourir beaucoup! car il faut reconstruire ailleurs des rayons, très gourmands en énergie, et reconstituer des réserves, alors que les fleurs se raréfient…

Voilà, à cause d’une pression constante et amplifiée des frelons asiatiques, d’année en année, et de jour en jour de juin à décembre, alors que je n’ai pas trouvé la parade, en-dehors d’une présence constante qui permettrait de la faire baisser, mais que je ne peux pas assurer, la ruche en ville s’arrête ici. J’ai l’impression d’avoir attiré les abeilles dans un traquenard, malgré moi. Et tant que je n’aurai pas trouvé cette parade, il ne sert à rien de les inviter, si c’est pour les mettre en danger ensuite.

Épilogue

Je ne baisse pas les bras. A partir de cette expérience, et malgré son issue (provisoire?) j’ai renforcé ma conviction qu’on peut héberger le vivant en ville et en péri-urbain, et que cet élan que j’ai eu est partagé par d’autres. J’ai donc décidé depuis un an de créer une structure associative, dont le but serait de fabriquer des abris (+ ruches, nichoirs…) en ateliers participatifs, et ce, dans une démarche citoyenne. Cette association a été créée en juillet de cette année. Elle est située à Bordeaux, dans le quartier Claveau, à Bacalan.

Je donne rendez-vous à qui souhaite en savoir plus, sur le site :

www.tousauxabris.org

Toute bonne volonté est bienvenue, à bientôt !

4 réflexions sur “Fin de l’expérience… à suivre?

  1. Isabelle DAVID dit :

    Bel article, plutôt soft en comparaison de la douleur que ce drame t’a causé ( il me semble !?)
    Magnifique rebond avec l’asso Tous aux abris pour oeuvrer chacun à préserver un peu la biodiversité autour de nous.

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    • rucheenville dit :

      Merci Isabelle, oui, il m’a fallu digérer le fait qu’un élan généreux n’est pas forcément positif, si on ne tient pas compte d’un contexte global. En l’occurence, il me semble que le frelon joue au jeu de go : plus on lui donnera d’abeilles, plus il s’installera. Dans le cadre de l’asso, une piste à suivre, pour faire baisser la pression, pourrait être la fabrication de harpe anti-frelon, dont le coût actuel est prohibitif.

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  2. Esa dit :

    Bonjour,

    Je vois 19 octobre… si les frelons ont pu entrer dans la ruche c’est que la ruche était « faible », ce qui est normal en cette période où la ruche se prépare à hiverner. À cette période normalement vous devriez mettre une porte à votre ruche pour en diminuer la taille (plus facile à défendre) et surtout éviter l’entrée de prédateur ou de nuisible dans la ruche.

    Cordialement,

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