Stimulation

Aujourd’hui, dernier jour d’une série à 18-17°. Les abeilles vont et viennent à rythme soutenu. Cela fait quelques jours que j’ai rechargé le nourrisseur une deuxième fois (250g), auquel j’ajoute des « mangeoires » faites d’un à trois bouchons de bouteille d’eau remplis d’une cuillerée de miel, déposés sur la planche d’envol. Chaque fois qu’un bouchon est fini, il est remplacé. Papa poule, j’ai peur qu’elles manquent, alors je donne, peut-être trop? Frédo m’a dit que tout ce qui n’est pas consommé est stocké dans les alvéoles, donc a priori rien n’est perdu.

J’ai l’impression que des naissances ont eu lieu. J’ai ouvert mais, pour ne pas les déranger, je n’ai pas fait d’inspection. Par contre, j’ai agrandi le volume de 2 barrettes, dont une déjà rayonnée, que j’avais enlevée fin octobre car elle était vide.

Je préfère augmenter un peu le volume en prévision (7 barrettes en tout). Il est prévu entre 12 et 16° pour les 15 jours à venir, avec beau temps majoritairement, et entre 3 et 9° la nuit. Il me semble que les pontes et le stockage de provisions vont s’accentuer avec ce temps-là.

fin_de_l_hiver

Nourrissement d’hiver

J’hésite toujours à dire ou écrire  ce mot : « nourrissement »; d’ailleurs, les correcteurs automatiques n’en veulent pas, qui le soulignent voire le corrigent en verbe conjugué. Mais non, Le Larousse (qui, lui, est l’ami des abeilles et de la ruche horizontale) le recense bien comme : « Fourniture de nourriture aux abeilles d’une ruche. »

Bref, le nourrissement d’hiver m’a posé problème. J’ai lu qu’il ne fallait jamais donner de nourriture liquide ou semi-liquide aux abeilles d’hiver, car leur système digestif ne s’en remettrait pas. Mais je n’avais rien prévu pour un nourrissement par le haut, et d’ailleurs, j’avais des scrupules à ouvrir le toit avec les températures que l’on a en ce moment.

Donc j’ai profité de ces moments où le soleil tape sur la planche d’envol, entre 13h et 15h, pour tester les petites sur la carte du chef, et ses 2 spécialités :

  • Candi truffé au pollen dans sa verrine, ou
  • Soucoupe plastique de miel brut, cristallisé maison.

La photo est éloquente : le miel reste l’aliment préféré des abeilles, malgré toutes les tentatives des chefs humains… D’ailleurs, quelques morceaux de candi posés ça et là dans la soucoupe leur servent de reposoir pour ne pas s’engluer, mais rares sont les moments où elles y posent la trompe.

test_miel_vs_candi

choix

Après ce test, j’ai déposé 250g de miel dans un nourrisseur de planche d’envol, dont j’ai poussé la languette à l’intérieur de la ruche. Je vais l’y laisser quelques jours, le temps de voir si le niveau diminue bien, puis j’en remettrai à nouveau la même quantité. Je rappelle que mon essaim est vraiment petit.

nourrisseur

miel_hiver

La crainte de les voir mourir de faim s’estompe. Nous sortons d’une semaine glaciale, où rien ne bougeait, vu de l’extérieur. Or aujourd’hui, c’est la fête! 3H de sorties ininterrompues, avec à chaque retour du pollen aux pattes, de couleur blanc cassé. De plus, pas de frelon, à cette époque, qui viendrait stresser les butineuses.

Il faut stimuler la ponte de la reine, en vue du printemps, et, après cet épisode de froid, ça semble bien parti aujourd’hui!

2017, année engagée!

Im-pres-sion-nan-tes! Nous sommes début janvier, il fait -5° au petit matin, mais, sur le coup de 14h, dès qu’un rayon de soleil réchauffe le corps de la ruche, il se trouve toujours quelques vaillantes butineuses pour sortir.

Comme celle-ci, captée en plein vol de retour, train d’atterrissage sorti. Brr, chapeau, les filles, bel engagement!

Techniques contre le frelon

cannepuisetteLes apiculteurs sont des gens ingénieux, comme tous ceux qui savent sortir le nez du guidon pour passer un peu de temps à observer, réfléchir et tester. Cherchant par divers canaux (web, réseau personnel) ce qui se pratique pour lutter contre le frelon asiatique, j’essaie déjà ce qui est le plus facile à mettre en place, à mon niveau :

museliere_coteAinsi, j’ai construit une muselière puis abandonné l’idée de l’installer à l’entrée de la ruche. Les mailles du grillage galvanisé, de 6 mm, permettent de bloquer le frelon et de laisser passer les abeilles. Les ouvertures dans les parois latérales offrent une vision panoramique tout en allégeant la structure. Plaquée devant la planche d’envol, maintenant le frelon à distance, elle est censée réduire le stress des gardiennes amassées en grappe. Mais je n’ai pas osé l’installer, pour ne pas freiner le flux des allers-retours, qui me semble s’être adapté à la menace Velutina.

Pour la lutte à arme blanche, en corps-à-corps, mieux vaut l’épuisette que la raquette de badminton. C’est la technique de Frédo, de l’association Biz-biz. Avec la raquette, on a vite fait de tuer une abeille, en visant le Velutina.
Alors que l’épuisette permet de rabattre vers le sol sa proie, et de prendre le temps de regarder si le frelon a été le seul prisonnier. Il m’est également arrivé plusieurs fois d’attraper un frelon qui venait lui-même de capturer une abeille, et le seul fait d’être enfermé dans le filet lui fait instantanément lâcher sa proie. Il est ainsi possible de laisser partir l’abeille puis d’écraser le frelon.

Mon épuisette vient d’un magasin de sports, c’est un jouet d’enfant acheté en début d’été.
Son manche en plastique s’est déjà cassé 4 fois et, à chaque fois, 15 à 20 cm me restaient dans la main. Si bien qu’au plus fort des batailles, en ce début d’octobre, j’avais l’impression d’aller au combat avec une passoire à nouilles! Ça vrombissait de partout autour de moi, abeilles comprises, et j’avais l’impression qu’elles ne me considéraient plus comme un allié (je ne me protège pas).
J’ai donc changé de manche en adaptant celui d’une canne à pêche télescopique. C’est beaucoup plus pratique pour aller dans les endroits difficiles d’accès, et les frelons s’en vont s’ils se sentent trop harcelés.

Ici, je veux signaler une chose : depuis juillet, je tue en moyenne au moins 3 frelons par jour, donc plus d’une centaine à mon actif. Or, pas une seule fois je n’ai été piqué, c’est-à-dire que les frelons ont toujours essayé de m’intimider en volant autour de moi, souvent en me rasant, mais sans jamais vouloir se poser sur moi pour me piquer. Pourquoi? Mystère. Mais c’est ainsi depuis plus de trois mois et demi.

Une autre technique, que m’a donné Jean-François Cirette (apiculteur auprès de qui je prends régulièrement conseil, le dimanche sur le marché des Chartrons à Bordeaux), est de disposer un miroir face à l’entrée de la ruche. Les abeilles, qui ont déjà repéré la ruche avec précision, ne tombent pas dans le panneau. Le frelon, si, qui paraît-il va se cogner contre le miroir. Je viens de mettre cela en place aujourd’hui, nous verrons…
Maintenant que le frelon est arrivé à Paris, il faudrait tester l’installation d’une ruche dans la Galerie des glaces, à Versailles!

Frelon asiatique

Depuis début juillet, soit un mois après l’arrivée de l’essaim, Vespa Velutina, le frelon asiatique, sévit autour de ma ruche. Selon les jours et les heures, parfois aucun, parfois 1, 2…  jusqu’à 4 frelons à la fois (là, le moral est atteint). La pression devrait s’accentuer jusqu’en novembre, je ne peux pas rester sans rien faire…

J’ai d’abord construit un piège avec une bouteille d’eau découpée (goulot retourné vers l’intérieur), dans lequel j’ai versé un appât sélectif unidose, spécialement développé par l’INRA, préconisé par Api Distribution. La bouteille calée entre deux branches, j’ai attendu de voir le résultat, avant de commander à plus grande échelle. Actuellement, le frelon cherche des protéines pour nourrir ses larves, les solutions sucrées l’attirent peu.

Bilan : pas très glorieux (j’ai même plutôt honte de ce que j’ai attrapé : une cinquantaine d’insectes, surtout des moucherons, un lézard, mais aucun frelon asiatique).

premier_piege

Je pense que l’INRA devrait marquer sur cet appât la composition ainsi qu’une prescription sur la date d’usage, puisqu’il semblait contenir une solution sucrée.

Concernant les frelons asiatiques, c’est un peu comme si vous donniez une pastille Vichy à votre ado qui a faim de viande : étonnez-vous après de sa réaction…

Le dimanche suivant, je suis allé sur mon marché quai des Chartrons et, faisant la queue chez le poissonnier, j’observais le ballet des Velutina. Pourquoi leur donner autre chose que ce vers quoi elles vont? Elles me montraient leurs préférences, j’ai donc commandé ça, ça, et ça (des crevettes grises, du lieu jaune, des chipirons).

J’ai prélevé un morceau de lieu jaune, malgré les reproches de mon fils cadet vis-à-vis du peu qu’il nous resterait, poisson que j’ai mixé, cru, avec de l’eau (proportions 1/3, 2/3). Dès l’après-midi, ce piège a parfaitement fonctionné, et je l’ai laissé près de la ruche.

deuxieme_piege

Voulant passer à la vitesse supérieure, j’ai mixé des crevettes à l’eau dans une deuxième bouteille plastique, et j’ai déposé dans deux autres les viscères et têtes de calamars, tout cela cru, bien entendu.

Pour maintenir ces bouteilles, une baguette les traverse, de part et d’autre de laquelle une ficelle fait une anse que j’accroche à une branche. Ainsi, j’ai dans le jardin comme des lampions autour de ma ruche, ce qui lui donne un petit air de fête tant qu’on n’est pas sous le vent…

lampion

Mes fils gardent cet épisode comme « le pire moment dans l’histoire du jardin ». Oui, les frelons ont été attirés par les protéines de poisson, mais également une telle quantité de mouches que, pour pouvoir aller se noyer en paix, les Vespa devaient d’abord traverser dix centimètres d’un tapis noir, grouillant et bourdonnant…

Trois jours plus tard, quand il s’est agi de jeter cette mixture, avant que le voisinage ne porte plainte, il m’a fallu d’abord anesthésier la masse noire à la bombe insecticide, loin de la ruche, of course, puis vider le tout dans les toilettes lorsque plus rien ne bougeait, et enfin tirer plusieurs fois la chasse, puis aérer, aérer, aérer.

Fin du film gore. Il doit bien y avoir d’autres moyens de protéger les abeilles, cherchons encore…

Néonicotinoïdes, le retour!

On les croyait récemment déboutés par la loi sur la biodiversité, les voilà déjà qui reviennent masqués. On change leur nom, à peine leur formule chimique, et le tour serait joué? Quel mépris ces groupes agrochimiques ont-ils pour la nature, le vivant, et, à l’échelle humaine, pour l’idée même de démocratie…

Il s’agit bien de la même stratégie : après avoir déposé des brevets sur le vivant, ils tentent d’en contrôler la reproduction, soit par la diffusion de semences stériles, soit par la destruction des pollinisateurs naturels, et cela sans rencontrer de réelle opposition politique. Faut-il encore rappeler l’historique mortifère de BASF, Bayer et du Zyklon B, insecticide autorisé en France jusqu’en 1997?

Signez et faites signer la nouvelle pétition, lancée par Pollinis, contre ces nouveaux produits tueurs en masse d’insectes pollinisateurs :

JUILLET 2016 : Alors que la loi Biodiversité est votée en France, interdisant les néonicotinoïdes en 2020, POLLINIS tire le signal d’alarme : la loi permet le remplacement de ces molécules par d’autres, tout aussi nocives, et notamment le flupyradifurone et le sulfoxaflor, récemment autorisées par Bruxelles. L’association lance donc une nouvelle campagne, « Néonics cachés : NON aux nouveaux #TueursdAbeilles » pour mobiliser les citoyens et interpeller les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne.